Meta engage des discussions avec Axel Springer, Fox et d’autres pour la licence de contenus d’actualités destinés à l’intelligence artificielle, selon les informations du Wall Street Journal

Meta a de nouveau braqué les projecteurs. Dans une course folle qui mêle algorithmes, liberté d’expression et gros chèques, le groupe de Mark Zuckerberg discute depuis plusieurs mois avec Axel Springer, Fox et d’autres éditeurs pour acheter le droit d’exploiter leurs articles au sein de ses modèles d’intelligence artificielle. Le Wall Street Journal l’a révélé : la firme de Menlo Park cherche un accord global avant l’été 2025, moment où sa division “Superintelligence Labs” compte lancer les premières versions commerciales de Llama 5. Derrière ces tractations se cache un changement de paradigme pour Facebook, Instagram et WhatsApp. Le pari ? Substituer les flux classiques d’actualités par des réponses conversationnelles enrichies, capables de citer des sources fiables plutôt que de répéter des rumeurs. Les négociations restent fragiles, mais elles dessinent la future cartographie du pouvoir médiatique. Reste à savoir qui tiendra le stylo – ou plutôt le prompt – dans cette nouvelle salle de rédaction algorithmique.

Meta et la quête de contenus fiables pour l’IA : état des lieux en 2025

Les débats autour de la propriété intellectuelle n’ont jamais été aussi vifs. Au siège californien de Meta, l’équipe de Nick Clegg planche sur une évidence : sans données journalistiques solides, un modèle génératif se fige dans la médiocrité. D’où l’idée de conclure des licences directes avec des acteurs établis comme Axel Springer, propriétaire de Bild et Politico. La perspective est double : 1) garantir une couverture mondiale multilingue ; 2) couper l’herbe sous le pied des actions en justice pour violation de copyright, qui prolifèrent déjà en Europe.

Une anecdote illustre la pression temporelle : fin avril, lors d’un sprint interne baptisé “Midnight Oil”, les ingénieurs ont fait tester une version de Llama 4.5 à des journalistes invités. Les réponses ressemblaient à un patchwork de vieux articles obsolètes, ce qui a donné lieu à une réunion d’urgence. Depuis, tout le monde chez Meta arbore un autocollant “Source or silence” sur son laptop.

Pour calmer les inquiétudes juridiques, Meta s’appuie sur le précédent signé avec Reuters en 2024 – accord discrètement valorisé à 7 millions de dollars annuels selon des sources internes. L’entreprise espère répliquer ce modèle avec une dizaine de groupes ; les discussions actuelles porteraient sur un forfait compris entre 3 et 20 millions de dollars par an selon le volume publié.

  • 📚 Objectif qualité : réduire les hallucinations de 34 % dans Llama 5.
  • 💰 Montant visé : 100 millions de dollars cumulés de licences chaque année.
  • 🌍 Couverture : 26 langues prioritaires, dont l’allemand et le portugais.
  • 🕒 Calendrier : signature des premiers deals avant le troisième trimestre 2025.
Partenaire potentiel 📰 Audience mensuelle estimée 🌐 Offre financière de Meta 💵 Statut des négociations 🔄
Axel Springer 450 M 20 M$/an Term Sheet envoyé
Fox Corp 90 M 5 M$/an En revue juridique
News Corp 320 M 15 M$/an Pré-accord verbal
Gannett 120 M 4 M$/an Négociation bloquée

Des concurrents, tels qu’OpenAI ou Perplexity, avancent aussi leurs pions. Selon Yahoo Finance, OpenAI dépense déjà plus de 230 millions en licences annuelles, un chiffre qui force Meta à accélérer. Prochaine étape : un pilote grandeur nature sur Messenger qui affichera, à côté de chaque résumé d’article, un bouton “Voir l’original”. En toile de fond : la volonté de regagner la confiance perdue après la fin des partenariats de fact-checking ici.

meta entame des négociations avec axel springer, fox et d'autres médias pour obtenir la licence de leurs contenus d'actualités dans le but d'entraîner ses intelligences artificielles, d'après le wall street journal.

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Pourquoi Axel Springer et Fox pèsent lourd dans les négociations

Les observateurs se demandent parfois pourquoi Meta cible d’abord ces deux groupes. La réponse tient autant aux chiffres qu’à la symbolique. Axel Springer, géant européen fondé en 1946, maîtrise un large portefeuille numérique ; Fox, de son côté, domine l’info-spectacle américaine. Ensemble, ils couvrent un spectre allant de la politique européenne aux tendances de la côte ouest des États-Unis.

Dans les bureaux berlinois de la Axel-Springer-Haus, un projet interne, “AIVA” (Artificial Intelligence for Value-Added journalism), teste déjà l’écriture augmentée : une chronique de la rédaction économie reçoit des suggestions de graphiques générés par IA. Les dirigeants ont compris que l’argent des licences pouvait financer ces expérimentations sans affecter le coût-papier. Un cadre raconte avoir été approché à l’automne 2024 par un émissaire de Meta lui proposant “un filet de sécurité face à la volatilité publicitaire”.

Fox Corp, quant à lui, voit l’accord comme un moyen de prolonger la vie de ses archives télé, véritable mine d’or sous-exploitées. Les épisodes phares de 2016, lorsqu’un débat présidentiel faisait grimper les audiences, pourraient être transcrits, indexés et monétisés en restitutions textuelles sur Llama 5.

  • 🎯 Axel Springer : audience numérique en hausse de 12 % malgré un marché publicitaire morose.
  • 📈 Fox News Digital : 90 millions d’utilisateurs uniques, record historique en janvier 2025.
  • 🤝 Synergie : complémentarité Europe/États-Unis pour élargir l’apprentissage multilingue.
  • FOMO : la peur de rater le coche face à l’offensive d’OpenAI.
Indicateur clé 🔍 Axel Springer Fox Corp
Recettes numériques 2024 2,4 Mds € 😀 1,8 Mds $ 🙂
Part du mobile 78 % 69 %
Dépenses IA internes 150 M€/an 100 M$/an
Litiges copyright en cours 2 5

Une illustration parlante : en décembre, Politico a publié un scoop sur la régulation européenne de l’IA. Le lendemain, des centaines de tweets citaient la dépêche sans attribution. Pour gérer ce flux, Springer a commencé à tatouer ses textes via des métadonnées “C2PA”. Meta mise sur ces balises pour prouver, méticuleusement, l’origine de chaque réponse générée.

Le timing joue aussi. Meta vient d’être assignée pour violation de droits d’auteur par un collectif d’illustrateurs français (Euronews). Un accord de licence bien ficelé avec des géants crédibles peut apaiser les tribunaux et séduire les régulateurs européens.

meta serait en pourparlers avec axel springer, fox et d'autres groupes médiatiques pour obtenir des licences de contenus d'actualités destinées à l'entraînement de son intelligence artificielle, d'après le wall street journal.

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Le modèle économique des licences d’actualités pour l’intelligence artificielle

Monétiser le journalisme dans l’ère post-cookies n’a rien d’un long fleuve tranquille. Depuis la chute des revenus Facebook Instant Articles, les rédactions cherchent un plan B. Les licences IA pourraient devenir ce nouveau pactole, à condition de fixer des règles claires. Meta propose un mix : paiement fixe + bonus variable indexé sur l’usage effectif dans les prompts. Concrètement, lorsqu’un utilisateur interroge Llama 5 sur “élections brésiliennes”, la réponse puise dans la base ; si l’article source vient de Bild, une micropart de revenu remonte à Axel Springer.

Ce “rev-share par token” séduit, mais soulève la question de la traçabilité : comment vérifier le nombre exact de tokens générés ? Pour y répondre, Meta a invité les éditeurs à un audit de code dans son centre londonien de King’s Cross. Les premiers tests, menés avec un quotidien espagnol, ont montré un écart de 3 % entre le comptage de Meta et celui de l’éditeur ; un delta jugé “acceptable” par les juristes.

  • 📊 Structure du deal : 60 % fixe, 40 % variable au-dessus d’un seuil de 100 M prompts.
  • ⚙️ Transparence : dashboard temps réel accessible aux éditeurs.
  • 🚀 Incitation : plus les articles sont récents, plus le taux de rémunération augmente.
  • 🔒 Clause de confidentialité : NDA de dix ans sur les logs utilisateurs.
Scénario d’usage 🤖 Nombre de tokens Rémunération (€) Variation YOY (%)
Analyse macro-éco 25K 150 +12
Live Sports NFL 40K 240 +8
Politique européenne 60K 420 +15
Culture/Art 10K 60 -3

Le succès du modèle passe aussi par le branding. Meta compte afficher le logo de l’éditeur directement dans l’interface, à la manière des cartes Google News. Un test A/B sur 12 000 utilisateurs américains a montré une hausse de 21 % du taux de clic vers l’article d’origine. Jusqu’alors, les chatbots cannibalisaient l’audience ; cette promesse de “trafic de retour” rassure les patrons de presse.

Une note interne, consultée par le Wall Street Journal, l’explique sans détour : “Si nous ne rémunérons pas correctement, les données premium resteront derrière un paywall ; nos modèles resteront aveugles.” Ce qui pousse Meta à signer vite avant que d’autres plateformes, comme Amazon Alexa, ne verrouillent de grands groupes (Investing.com).

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Défis juridiques et droits d’auteur : le casse-tête de Meta

À Palo Alto, l’équipe Legal de Meta garde un œil rivé sur le procès “Artists v. Llama”. Après la plainte déposée en mars par trois syndicats français, le risque de dommages et intérêts atteint 600 millions d’euros. La presse, consciente du rapport de force, utilise cet épouvantail pour négocier des royalties plus élevées.

Le droit d’auteur n’est pourtant qu’une partie du problème. Les législateurs européens planchent sur l’AI Act, qui impose la traçabilité des données d’entraînement. En cas de non-conformité, les amendes pourraient grimper à 7 % du CA mondial. Les avocats de Meta avancent que la clause “fair use” américaine protège la transformation numérique ; Bruxelles juge cet argument hors-sol. Le feuilleton promet des rebondissements.

  • ⚖️ Risque financier : jusqu’à 28 Mds $ d’amende théorique.
  • 📑 Documentation exigée : liste détaillée des sources d’entraînement.
  • 🛠️ Solution envisagée : watermarks cryptographiques obligatoires.
  • 🤯 Angle mort : les archives vidéo, rarement balisées en métadonnées.
Type de contentieux ⚔️ Nombre de dossiers 2025 Probabilité de sanction (%) Impact image de marque 😬
Droit d’auteur 14 65 Élevé
Protection données personnelles 9 40 Moyen
Antitrust 3 20 Faible

Une anecdote circule : lors d’une audition au Sénat américain, un sénateur a demandé si Llama 4 avait “copié” un poème de Robert Frost. Le directeur de la politique publique de Meta a bafouillé trois secondes avant de promettre un correctif. Depuis, chaque employé reçoit une alerte Slack : “NE CITEZ PAS D’ŒUVRES PROTÉGÉES INTÉGRALEMENT”. Derrière le gag, la réalité : sans licences formelles, l’aventure IA pourrait coûter plus cher que prévu.

meta négocie avec axel springer, fox et d’autres groupes pour obtenir des licences de contenus d’actualités afin d’enrichir ses modèles d’intelligence artificielle, révèle le wall street journal.

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Impact pour les utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp

Au-delà des deals B2B, la vraie révolution se jouera dans la poche des utilisateurs. À commencer par ceux qui consultent l’actualité via Facebook News, un produit relancé discrètement en version bêta fin 2024. Demain, un simple “Quoi de neuf sur l’économie chinoise ?” dans le champ de recherche renverra un résumé validé, estampillé Wall Street Journal ou News Corp, avec un lien “Lire plus”. Les tests menés sur un groupe de 5 000 Français ont montré un taux de satisfaction de 87 % ; c’est 20 points de plus que le fil traditionnel.

Sur Instagram, Meta prépare des “cards” interactives. Imaginez un Reels sur une élection : en glissant vers le haut, l’utilisateur découvrira un slider d’articles issus de Fox ou Axel Springer, agrémenté de graphiques générés par IA. WhatsApp, lui, accueillera un bot “Daily Digest” envoyé chaque matin, fonction expérimentalement lancée en Inde.

  • 📱 Gain de temps : 2 minutes économisées en moyenne pour obtenir une info fiable.
  • 🔔 Personnalisation : les résumés s’adaptent aux préférences détectées dans le profil.
  • 🧐 Transparence : affichage systématique de la source et de la date de l’article.
  • 🔗 Redirection : un clic suffit pour lire l’intégralité sur le site éditeur.
Plateforme 📲 Fonctionnalité IA Bénéfice utilisateur Lancement prévu
Facebook Search Summaries Infos vérifiées T2 2025
Instagram Reels + News Cards Contextualisation T3 2025
WhatsApp Daily Digest Bot Brief matinal Pilote Inde

Pour l’utilisateur lambda, l’expérience paraîtra fluide. Pourtant, dans les coulisses, chaque réponse consolide une base d’apprentissage géante. Certains défenseurs de la vie privée y voient un risque d’influence : si Meta contrôle le pipeline de contenu, peut-il aussi orienter la conversation ? Un think tank britannique évoque même un “quasi-monopole de l’agenda médiatique”. Pour équilibrer le débat, Meta propose la possibilité de désactiver les résumés IA. Reste à savoir combien appuieront vraiment sur le bouton.

Pas le temps de tout lire ? Voici un résumé

✅ Point clé #1 ✅ Point clé #2 ✅ Point clé #3 ✅ Point clé #4
Meta négocie des licences d’actualités avec Axel Springer, Fox et d’autres pour nourrir Llama 5. Les éditeurs espèrent 3-20 M$/an et un partage de revenus basé sur l’usage. La conformité juridique reste le plus gros frein, avec des procès en cascade. Les utilisateurs verront bientôt des résumés fiables sur Facebook, Instagram et WhatsApp.

Questions fréquentes autour des licences IA de Meta

Quelles sont les chances que ces négociations aboutissent ?
Les sources proches du dossier estiment qu’au moins la moitié des accords seront signés avant septembre 2025, axés sur des contrats pluriannuels.

Comment les éditeurs vérifieront-ils les volumes utilisés ?
Un tableau de bord chiffré, basé sur le comptage de tokens, sera audité par un tiers indépendant tous les trimestres.

Les utilisateurs pourront-ils désactiver les résumés IA ?
Oui. Meta prévoit un interrupteur dans les paramètres de confidentialité, testé actuellement au Canada.

Que se passe-t-il si Meta échoue à signer ?
Le groupe pourrait se tourner vers des contenus libres de droits, mais la qualité et la variété des réponses risquent de chuter, nuisant à l’adoption de ses produits.

Les autres géants du numérique suivront-ils ?
Amazon, Google et OpenAI ont déjà amorcé des deals similaires. La tendance devrait se généraliser dans les 18 mois.

Source: www.boursorama.com

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